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Escalade du Kilimanjaro par Mme Thérèse Beaudry


Conférence : faire un pas …

Retraités flyés 10 juin 2005

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Faire 1 pas …, j’en ai fait des pas pour compléter l’ascension du Kilimanjaro. On y arrive de la même manière que pour tout autre chose dans la vie i.e. 1 pas à la fois. Voici en quelques mots un bref aperçu de mon expérience de l’ascension du mont Kilimanjaro.

Tanzanie

Le mont Kilimanjaro se trouve en Tanzanie. Ce pays est situé sur la côte est de l’Afrique au sud de l’équateur sur le bord de l’océan Indien. Il a des frontières communes avec 8 pays. Le Kili est situé près de la frontière du Kenya.

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Kilimanjaro

On dit du Kilimanjaro qu’il est ¨Le toit de l’Afrique¨. Il a 5,895 m ou 19,400 pi. Au sommet, l’oxygène est à 50%. C’est la montagne la plus haute au monde qui se monte par trek soit sans équipement technique d’alpiniste. C’est aussi la plus dangereuse car les gens croient que c’est facile et la préparation n’est pas toujours adéquate.

Au pied du mont, on retrouve la forêt tropicale et lors de l’ascension, on voit disparaître de plus en plus la végétation pour en arriver à l’absence totale de végétation. Comme le Kili est un volcan éteint, le sol est très rocailleux, on a l’impression d’être sur la lune.
Au sommet, il y a d’immenses glaciers et des neiges éternelles. Dû au réchauffement de la planète, on croit qu’en 2025 il risque de ne plus y avoir de neige.
Toute personne en bonne forme physique peut faire l’ascension du mont à la condition de bien s’entraîner, de se procurer des vêtements adéquats, un équipement approprié et faire affaire avec une compagnie de guides responsables.

Préparation


1. Physique

Comme je le disais, le mont se monte à la marche.
Mon entraînement consistait :

  • Marche : de 4-5h dans les côtes de la ville avec mon sac à dos chargé de 10 à 15 lbs. J’ai aussi monté le Relais et le mont Ste-Anne. La température ne devait pas modifier l’entraînement car là-bas beau temps mauvais temps il faut y aller.
  • Entraînement en salle : Je me suis fait faire un programme spécifique pour développer le bas du corps et le haut du dos.
  • Natation : je faisais de la natation régulièrement. Des longueurs (2 Km/h) pour développer mon cardio et de l’aqua-jogging pour renforcir mes muscles.

Mon entraînement a duré 3 mois.

2. Santé
Avant de partir il faut bien sûr recevoir tous les vaccins recommandés par la clinique santé- voyage.

3. Équipement
Il faut des vêtements haute technologie pour la chaleur et le froid. Des vêtements performants, légers, compressibles, imperméables, coupe-vents et qui respirent. Le poids est important.

Départ 5 février 2005

Nous partons 18 femmes. Très rapidement, nous avons développé un esprit d’équipe qui ne s’est jamais démenti. Pas de compétition, pas de plaintes par contre beaucoup d’humour et de rires.

LA MONTÉE

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La montée s’est effectuée en 8 jours dont 2 paliers pour faciliter l’adaptation à l’altitude La descente s’est effectuée en 1.5 jours.
Nous avions 80 porteurs et 3 guides. Les porteurs montaient tout le nécessaire pour l’expédition en plus de nos bagages (20 lbs) le restant nous le portions sur notre dos. 3 guides au cas où quelqu’un doive redescendre; les autres peuvent poursuivre.
Nous marchions environ 6 à 7 heures/jour.
La température a été parfaite. Pas de pluie ni blizzard. À la base du mont il faisait autour de 30C-32C. Plus nous montions plus il faisait froid et le vent était important. La température au sommet était d’environ -20 -25C.

La végétation était magnifique. Les arbres énormes avec des lianes, les fleurs qu’on paie ici une fortune poussaient presque sur les arbres. Les couleurs éclatantes et cette végétation était très dense. Nous couchions sous la tente deux par tente. C’était du camping sauvage, pas facile. L’hygiène est rudimentaire. Nous nous lavions avec des lingettes qui par temps froid sont froides quand elles ne sont pas gelées. Les toilettes inexistantes le jour et au campement un abri avec une chaudière et une planche trouée.
Côté santé, nous étions bien suivies. Les guides étaient formés spécifiquement pour les problèmes occasionnés par le mal des hauteurs. De plus, nous avions 2 médecins et 1 pharmacienne dans le groupe. On prenait notre saturation (taux d’oxygène dans le sang) matin et soir, auscultation des poumons tous les matins et questionnaire.

Le mal de l’altitude apparaît à environ 3000 m. Il se manifeste par de l’essoufflement pouvant aller jusqu’à l’œdème pulmonaire, maux de tête, baisse d’appétit, nausées, vomissements, diarrhée, baisse de concentration et troubles du sommeil.
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Le sommet

Lorsque nous arrivons enfin au sommet nous sommes très heureuses, on se félicite et on prend des photos. On reste très peu de temps au sommet, nous sommes fatiguées pour ne pas dire épuisées. On a hâte de redescendre pour retrouver l’oxygène qui nous fait cruellement défaut.
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Difficultés

Camping : je n’avais pas d’expérience en camping. Dehors 24h/24h. Toujours se pencher pour entrer et sortir de la tente quand on manque d’oxygène c’est difficile. Le manque d’espace pour les bagages qui doivent rester dehors au froid. La nuit il fallait braver le froid, s’habiller et sortir dehors pour uriner et ce  sans trop déranger l’autre. Heureusement il y avait ce ciel absolument extraordinaire pour nous faire oublier cet inconfort.

Nourriture
: Pour éviter le mal de l’altitude il faut manger et boire beaucoup (3 à 4 l/jour). La nourriture qu’on nous préparait était excellente et variée mais les conditions moins. Comme on doit tout monter à bras d’homme on ne monte pas un poêle à 4 ronds ce qui donne ceci : on nous apporte un plat de spaghetti le temps du transport c’est déjà froid. Là on va faire chauffer la sauce et quand elle arrive imaginez l’allure du spaghetti. Donc, on mangeait les choses une après l’autre. Le matin, déjeuner dehors bien entendu, avec doudoune, gants, tuque etc… Les toasts raides et froides, miel et beurre de peanuts gelés, les œufs, le bacon tout est froid. Quand je parlais d’esprit d’équipe et de rires, jamais je n’ai entendu une plainte, un mécontentement, il y avait toujours quelqu’un pour faire de l’humour.

Efforts physiques : C’est une aventure qui demande beaucoup sur le plan physique. La journée du sommet et la précédente on marche beaucoup et la montée est très difficile. C’est de l’escalade plus que de la marche. Personne ne parle chacune se concentre sur ses pieds et sa respiration.  Je me disais à chaque pas : un pas, un pas. C’est à ce moment qu’on doit aller chercher au fond de soi des ressources insoupçonnées. C’est à ce moment que la motivation est importante. L’atteinte du sommet c’est bien mais quand on paie le prix on se demande ce qu’on fait là. Moi j’avais la chance d’avoir chaque soir une lettre qui m’attendait. Au départ mes enfants m’ont remis des lettres écrites par eux, mon mari, ma sœur avec la consigne d’en ouvrir 1 par soir en montagne. C’était un moment extraordinaire. Quand je n’avais en tête que un pas, un pas… je pensais à la lettre qui m’attendait et à celles que j’avais lues et cela m’aidait à avancer.

Avantages

Ce voyage sur le plan humain m’a permis de mieux me connaître et de connaître 17 femmes extraordinaires.  J’ai connu une autre culture, vu des paysages époustouflants. Je reviens du voyage la tête pleine de beaux souvenirs, plus confiante en mes possibilités. Je suis fière de moi et ouverte à faire d’autres expériences auxquelles je n’ai jamais pensé.

Conclusion

Il y a dans la vie des hasards tellement parfaits qu’on dit qu’il n’y a pas de hasard. On est à la retraite, il suffit d’ouvrir les yeux, d’être aux aguets et de se rendre disponible à ce qui se présente, la vie se chargera du reste.

NB : Claudine Douville qui travaille pour RDS était avec nous et elle a filmé l’expédition. L’émission sera présentée au mois de septembre prochain.

par: Thérèse Beaudry

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